L’entrepreneur du projet La Solidarité a accepté de repousser la date limite de signature du contrat au 28 octobre, permettant à Sonia Côté d’obtenir un sursis. Ces deux semaines devraient permettre à l’organisme d’obtenir un prêt intérimaire dont l’obtention pourra financer le début des travaux.
C’est un soulagement pour la directrice de Loge m’entraide, Sonia Côté. L’organisme a profité de ce recours pour faire la demande d’un prêt intérimaire et attend son approbation qui devrait arriver dans les prochains jours. Ce prêt permettra à Loge m’entraide d’obtenir les liquidités nécessaires pour débuter des travaux, en attendant la signature de l’entente entre le gouvernement provincial et fédéral. Sans cette signature, l’organisme ne peut pas obtenir la subvention promise en juillet dernier.
Pour Sonia Côté, l’obtention du prêt ne serait qu’une formalité : « D’abord le fédéral dit que c’est une simple formalité avant que le conseil des ministres ne signe l’entente pour délivrer cette subvention. D’autre part, si la SHQ a accepté de se porter garante du prêt intérimaire, c’est qu’elle a de son côté la certitude que le fédéral va nous délivrer cette subvention. » Selon la directrice de Loge m’entraide, il n’y a aucune raison que cette demande de prêt échoue.
Un chantier repoussé
Le chantier de la coopérative de logement La Solidarité commencerait donc plus tard que prévu. « Au moins, si on peut couler le béton, faire ce qu'il faut pour le coffrage qu'ils appellent, ça serait déjà ça », confie Sonia Côté qui espère que le béton sera coulé d’ici la fin novembre. Selon elle, les murs, la charpente et la toiture ne verront pas le jour avant Noël.
Le reste du chantier reprendra alors au printemps, ce qui engendrera inévitablement des surcoûts pour l’organisme : « Déjà le 14 octobre, aujourd'hui même, si on avait commencé aujourd'hui, c'est 150 000 $ de plus qu'on doit assumer, nous, comme promoteurs. Parce que justement, un chantier en pleine saison hivernale, ce sont des frais de chauffage, notamment. » Sonia Côté reste consciente que le report total du chantier à l’année prochaine aurait coûté beaucoup plus cher.
La directrice de l’organisme assure que ce montant était prévu dans le montage financier du projet de 6 millions de dollars. « On n'était pas dupes, on avait anticipé les imprévus », dit-elle. « Mais là, il ne faudrait pas trop qu'il arrive d'imprévus parce que 150 000, c'est pas mal, c'est pas mal la marge qu'on s'est donnée », a-t-elle complété.
Une subvention attendue
Les montants attribués par les deux paliers de gouvernement ont changé depuis les premières annonces concernant la subvention de la part de Québec et Ottawa. La part du fédéral s’élevait à ce moment-là à 1,3 million et Québec de son côté octroyait 3,2 millions. Ne pouvant dévoiler les montants officiels, Sonia Côté laisse entendre que la subvention fédérale est « majeure » dans ce dossier.
« Le moral des troupes est au plus bas »
Malgré toutes les embûches auxquelles elle a fait face dans ce projet qu’elle mène depuis 13 ans, Sonia Côté essaye de garder espoir. D’abord pour elle, mais aussi pour les personnes qui attendent ces logements avec impatience.
« On s'entend, les personnes appauvries, c'est les plus vulnérables de notre société. C'est plus facile à écraser. Ce sont les personnes qui ont une estime de soi qu'il faut remonter plutôt que de redescendre », a-t-elle déploré.
« Alors moi, j'essaye autant que faire se peut de leur redonner cette espérance-là, mais en sachant qu'on a l'entrepreneur qui nous appuie pour deux semaines, puis en sachant que le gouvernement nous aide pour un prêt intérimaire, bien là, ça remonte l'espérance d'un cran. Puis ça redonne cet espoir d'arriver à un dénouement positif », assure-t-elle.


