Alors que les gouvernements provincial et fédéral avaient annoncé leur participation au projet en juillet 2026, une signature de la part du fédéral bloque encore l’avancement du projet.
Cet été, tous célébraient la victoire de l’organisme Loge m’entraide qui se battait pour la construction d’une coopérative d’habitation depuis plus de 13 ans. Pourtant à ce moment-là, aucune entente n’était signée entre les deux paliers de gouvernement. Sonia Côté n’était pas au courant.
La directrice de Loge m’entraide a déchanté ce lundi 28 septembre, lorsqu’elle a appris que l’entente n’avait pas été signée et que celle-ci ne pourrait être signée avant l’élection d’un nouveau gouvernement québécois. « On a compris que cette victoire n’était finalement qu’une façade politique », dit-elle.
Cette signature est pourtant essentielle à l’avancement du projet. Sans celle-ci, le gouvernement fédéral ne peut pas signer la convention avec le projet de Coop qui confirmerait alors la subvention. La signature du contrat avec l’entrepreneur est elle aussi impossible tant que cette entente n’est pas signée par le ministre canadien du Logement.
Même si Loge m’entraide le voulait, l’organisme ne pourrait pas débuter les travaux des 15 logements sociaux +avec son prêt hypothécaire et la subvention provinciale : « La caisse, elle ne nous donne pas de prêt hypothécaire tant qu'on n'a pas signé avec le fédéral, parce qu'elle, il faut qu'elle soit assurée qu'on est en subvention fédérale », explique la directrice de l’organisme d’aide au logement.
« On est coincé de tous bords, tous côtés », déplore Sonia Côté, gagnée par le stress. « C'est la première fois en 13 ans que je peux vous dire que le projet est vraiment sur un respirateur artificiel », ajoute-t-elle.
Une fausse joie
« J'ai pleuré de joie, sans savoir qu'à l'arrière, il n'y avait pas d'entente signée entre Québec et Ottawa », regrette presque Sonia Côté. Pour la directrice de Loge m’entraide, l’annonce de cet été était une fausse victoire et une fausse joie.
« Mais qui est-ce qui écope? Ce n'est pas le fédéral, ce n'est pas le provincial, ce sont les locataires à faible revenu qui ont eu une joie innombrable le 17 juillet en pensant que le chantier allait débuter. On est rendu fin septembre et le chantier n'est pas encore débuté », déplore Mme Côté.
« Aujourd'hui, on devrait être sur le chantier de construction. La pelletée de terre aurait dû être faite bien avant aujourd'hui », confie Sonia Côté, inquiète. Loge m’entraide est pourtant prêt à procéder au chantier. L’organisme est propriétaire du terrain et a même son permis de construire.
Contrat avec l’entrepreneur
Moins de deux semaines, c’est ce qu’il reste à Sonia Côté pour signer le contrat avec son entrepreneur afin de débuter les travaux. Passé cette date, l’organisme devra repartir en appel d’offres, Ce qui n’est pas envisageable selon elle.
Si le contrat n’est pas signé à temps, le chantier sera reporté au printemps prochain. Ce report pourrait engendrer des coûts supplémentaires pour l’organisme, ce qui « rendrait caduc notre montage financier actuel, le projet ne serait donc plus viable financièrement », explique Sonia Côté.
Une communication difficile
Depuis l’annonce cet été, la directrice de Loge m’entraide ne s’est pas ennuyé. Maison Canada réclamait plusieurs documents « au compte-goutte », raconte-t-elle : « Ils demandaient des formulaires, des résolutions, des plans, ce qu’ils avaient déjà », déplore-t-elle. Maison Canada a par la suite assuré à Mme Côté que le dossier avançait comme prévu en la remerciant de sa patience. Une phrase irritante pour la directrice de Loge m’entraide : « De la patience, on en a plus, parce que dans deux semaines, le 14 octobre, c’est la mort du projet. »
Garder espoir
Même si elle a encore espoir de mener à bien le projet, c’est un cri du cœur que lance Sonia Côté : « Si le gouvernement fédéral ne trouve pas une solution dès maintenant, ce n'est pas le contrat avec l'entrepreneur qu'on va signer le 14 octobre, on va signer carrément l'arrêt de mort du projet. »
Même si elle perd peu à peu confiance, la directrice de l’organisme d’aide au logement attend « un miracle ».



